Avenir des terrains de golf : Les maires de Candiac, Mascouche et Terrebonne font front commun pour demander un appui de Québec

Aux prises avec des enjeux similaires concernant l'avenir d'un terrain de golf localisé sur leur territoire respectif, les maires de Candiac, Mascouche et Terrebonne unissent leur force afin de demander des outils supplémentaires visant à permettre aux municipalités de mieux encadrer et revaloriser ces espaces verts.

Des espaces verts à valoriser

Les 65 clubs de golf du grand Montréal occupent 5 677 hectares, soit 1,5 % de la superficie du territoire. Depuis 2010, 12 terrains de golf ont cessé leurs opérations, soit 1 sur 5 de la région métropolitaine, représentant ainsi une diminution de 573 hectares, soit l'équivalent de trois fois la superficie du parc du Mont-Royal.

La fermeture de terrains de golf soulève plusieurs questions en lien avec l'usage subséquent de ceux-ci, notamment en ce qui a trait au développement immobilier et à la mise en valeur d'espaces naturels. Bien plus qu'un lieu de loisir, les terrains de golf comprennent des espaces boisés, des étangs et des milieux humides, qui en font des lieux à haut potentiel, particulièrement en secteur urbain.

«Les municipalités doivent avoir les moyens de réaliser des interventions sur ces terrains afin de répondre aux objectifs que s'est donnés la région métropolitaine en matière de développement urbain durable, de remise en état de milieux naturels et de reboisement. La requalification de terrains de golf en espaces verts peut très certainement contribuer à doter la région métropolitaine de 30 % de couvert forestier, comme souhaité», soutient Guillaume Tremblay, maire de Mascouche et préfet de la MRC Les Moulins.

Des outils supplémentaires pour les municipalités

L'avenir des terrains de golf représente un enjeu de taille pour plusieurs municipalités au Québec, particulièrement dans le Grand Montréal. En effet, les indemnités payables au propriétaire pour ces espaces verts fixées en vertu de la loi s'avèrent nettement supérieures à la valeur marchande de ces terrains, dont certains sont situés au cœur de milieux urbains. Cet élément restreint les différentes options qui s'offrent aux villes, tant en matière d'acquisition que de conservation. Les municipalités ont besoin d'outils supplémentaires pour atteindre leurs objectifs en la matière.

Les maires des villes de Candiac, Mascouche et Terrebonne demandent que soit réformée à brève échéance la Loi sur l'expropriation pour que le calcul des indemnités versées aux propriétaires soit basé sur la juste valeur marchande, afin d'assurer une prévisibilité budgétaire pour la partie expropriante. Devant la nécessité de protéger des espaces verts pour les générations futures, comme d'anciens golfs situés sur leurs territoires, les villes ont besoin de ce support du gouvernement du Québec. Lors de la présentation de ses commentaires en commission parlementaire portant sur le projet de loi no 66 en octobre 2020, la présidente de l'Union des municipalités du Québec et mairesse de Sainte-Julie, Madame Suzanne Roy souhaitait ses modifications à apporter à la Loi sur l'expropriation.

« Que ce soit en modifiant le cadre réglementaire actuel, par exemple en apportant des modifications à Loi sur l'expropriation, ou en reconnaissant davantage le potentiel écologique de ces espaces verts par le biais de programmes de subvention, il faut doter les municipalités d'outils supplémentaires permettant aux décideurs de faire les interventions nécessaires, en fonction des réalités qui sont propres à chacune des villes », souligne le maire de Candiac, Normand Dyotte.  

L'appui de Québec demandé

Les trois maires soutiennent qu'un terrain de golf constitue un espace vert au cœur d'une ville et qu'il faut considérer ces terrains dans une perspective de développement durable. Puisque près de la moitié des terrains de la région métropolitaine sont situés en périmètre urbain, des enjeux importants sont vécus par les villes, notamment en matière d'environnement et d'impacts sur les populations riveraines.

«Nous comptons multiplier les actions afin de sensibiliser les différentes instances gouvernementales et municipales à notre réalité. Déjà, l'Union des municipalités du Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal entendent supporter nos démarches. Nous demandons également une rencontre avec la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation afin que des mesures concrètes soient déployées pour nous donner les moyens de nos ambitions et ainsi protéger ces espaces verts importants », conclut Marc-André Plante, maire de Terrebonne.