PROJET ÉNERGIE EST : LE MAIRE RÉITÈRE SON OPPOSITION

TERREBONNE, JEUDI LE 8 OCTOBRE 2015 – M. Jean-Marc Robitaille a présenté le mémoire de la Ville de Terrebonne sur le projet Énergie Est devant la Commission de l’environnement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). En plus de réitérer son opposition au projet d’oléoduc tel qu’il est actuellement proposé, le maire Robitaille a demandé que la coordination des échanges entre les municipalités et TransCanada se fassent au sein du sous-comité technique de la CMM. Une condition essentielle afin d’éclairer le processus décisionnel qui entoure l’implantation de l’oléoduc Énergie Est.

Pour une plus grande transparence dans les échanges avec TransCanada

« Il y a, à l’heure actuelle, beaucoup d’incertitudes et de questions sans réponses en ce qui a trait au projet soumis par TransCanada. On ne veut pas se retrouver devant un fait accompli comme on a pu le voir avec Enbridge la semaine dernière. Pour éviter que le dialogue de sourds se reproduise, je propose que le sous-comité technique de la CMM encadre les discussions et les échanges avec TransCanada. Je crois que ça serait un canal approprié et il permettrait aux municipalités d’unir leurs voix et établir des priorités communes tout en ayant accès à la même information », a d’abord expliqué le maire.

Énergie Est : un projet incomplet

Le mémoire déposé par la Ville de Terrebonne fait état de nombreuses questions pressantes pour lesquelles la forme actuelle du projet Énergie Est ne fournit pas de réponses satisfaisantes. Parmi les points soulevés, on retrouve au premier plan la question sécuritaire et environnementale.

« Le trajet de l'oléoduc proposé par TransCanada traverserait 21 cours d'eau sur le territoire de Terrebonne. Parmi ceux-ci, la rivière des Mille Îles est le plus importante et la traverser pourrait présenter des risques majeurs. La Ville demande à TransCanada de financer des études indépendantes afin d'évaluer les impacts d'un déversement se produisant dans ou près de la rivière et les effets potentiels pour la population, la flore et la faune », a ajouté M. Robitaille.

La nécessité d’offrir des compensations financières pour la perte de couvert forestier, ainsi que le morcellent du territoire figurent également parmi les sujets abordés dans le mémoire.

« Le tracé actuel traverse des boisés et des milieux humides qui font par ailleurs partie des corridors que la CMM souhaite protéger dans le cadre du Plan métropolitain d’aménagement. En évaluant la durée de vie de l'oléoduc à 50 ans, la perte de valeur des biens et services écologiques pour Terrebonne s'élèverait à près de 4,3 M$. De plus, avec Énergie Est, notre territoire serait divisé en quelque 25 parcelles par les divers corridors d'énergie qui traversent notre municipalité. Il est évident que tous ces éléments viennent nuire à un aménagement intégré et cohérent du territoire. On se doit d’éviter le plus possible le découpage en parcelles et TransCanada devrait trouver des moyens pour privilégier l’utilisation des corridors existants », a poursuivi le maire durant sa présentation.

Enfin, le mémoire déposé par la Ville presse TransCanada de fournir des évaluations crédibles quant aux retombées économiques du projet Énergie Est pour la grande région de Montréal. « Nous attendons toujours qu’ils fassent la démonstration que le projet aura des conséquences économiques positives pour la région, et ce, par rapport aux coûts des risques et des nuisances qu’occasionnera l’oléoduc. Tous les éléments évoqués précédemment ne nous permettent donc pas d’être en faveur du projet actuellement proposé », a conclu M. Jean-Marc Robitaille.

À titre d’information, voici le lien vers un communiqué émis en septembre dernier sur le même sujet : http://bit.ly/1LjT0qf