TERREBONNE S’OPPOSE À LA FORME ACTUELLE DU PROJET D’OLÉODUC ÉNERGIE EST DE TRANSCANADA

Terrebonne, mardi le 8 septembre 2015 – La Ville de Terrebonne a déposé un mémoire à la Commission de l’environnement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) afin d’expliquer les raisons de son opposition à l’actuel projet d’oléoduc Énergie Est.

Avec un débit estimé à 1 100 000 barils par jour, le projet Énergie Est sera, une fois réalisé, le plus imposant oléoduc à conduite unique en Amérique du Nord. À titre comparatif, la plupart des oléoducs de ce type présentent un débit se situant entre 200 000 et 500 000 barils par jour. « C’est une question que nous prenons très au sérieux, car on parle ici d’un projet d’oléoduc d’une grande capacité. Nous nous questionnons sur différents aspects du projet proposé, notamment en ce qui a trait à la sécurité et aux mesures d’intervention en cas de déversement. C’est plus d’un million de barils par jour et nous ne sommes pas satisfaits des réponses fournies à ce jour par TransCanada », a déclaré le maire, M. Jean-Marc Robitaille.

Des risques et des impacts qui préoccupent la Ville
Le mémoire déposé à la CMM fait état de nombreuses préoccupations pour lesquelles la forme actuelle du projet n’offre pas de réponses satisfaisantes. L’une des principales préoccupations est la sécurité et la préservation de l’eau. À cet égard, la Ville constate qu’Énergie Est n’a pas procédé aux études d’impact nécessaires puisque le projet ne fournit pas de données quant à la vulnérabilité des aquifères sur le territoire de Terrebonne. S’ajoute à cela des inquiétudes quant à la protection des milieux naturels et des terres agricoles, en plus de constater que le projet causerait la perte d’espaces boisés pour lesquels TransCanada ne propose pas de compensation financière adéquate.

« Dans sa forme actuelle, Énergie Est est un projet incompatible avec le développement de Terrebonne. D’une part, TransCanada n’a pas fait la démonstration des retombées économiques pour notre ville. Ensuite, le tracé proposé traverse des écosystèmes prioritaires et des terres agricoles et se retrouve à proximité de plusieurs sources d’eau. Le tracé de l’oléoduc contribue également au morcèlement du territoire, ce qui rend plus difficile la mise en œuvre d’un plan d’aménagement du territoire cohérent. Nous nous opposons donc à la forme actuelle du projet pour des raisons environnementales, pour des raisons sécuritaires et aussi pour des raisons économiques. L’analyse du dossier nous permet de conclure que la population de Terrebonne n’a rien à gagner avec le projet actuellement soumis par TransCanada. Ils devront en faire plus et nous fournir des réponses satisfaisantes à nos préoccupations », a ajouté M. Robitaille.

À propos du projet d’oléoduc Énergie Est
Le projet Énergie Est de TransCanada PipeLines ltée vise à convertir un gazoduc existant entre l'Alberta et la frontière du Québec et à le prolonger par un nouvel oléoduc reliant les raffineries situées au Québec et à une raffinerie et un terminal maritime à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Selon la dernière mise à jour du 6 juillet 2015, le tracé proposé de l'oléoduc Énergie Est de TransCanada1 traverserait la ville de Terrebonne sur une distance de 12,8 km (10 km de conduite principale dans le secteur La Plaine, à l'extrémité nord-ouest de la ville et 2,8 km de conduite latérale dans le secteur de Lachenaie).

Une vanne de sectionnement sera installée dans le secteur La Plaine, 4,5 km après l'entrée sur le territoire de Terrebonne. Une autre vanne se retrouvera sur le territoire de la ville à 500 m des berges de la rivière des Mille Îles.

La plus grande proportion du tracé parcourra les terres agricoles sur 6,9 km. Les boisés et les milieux humides seront traversés sur des distances respectives de 3,7 et 0,8 km, la quasi-totalité dans le secteur La Plaine.